À l’aube du mois sacré de Muharram, les musulmans du monde entier se préparent à célébrer le Jour de l’Achoura, le 10e jour de Muharram. Pour beaucoup, c’est un jour de jeûne et de recueillement. Mais derrière cette tradition annuelle se cache l’une des leçons les plus marquantes que l’humanité ait jamais connues en matière de résilience psychologique, de certitude spirituelle (Yaqeen) et de réconfort divin.
L'instant entre la mer et l'ennemi
Pour bien comprendre l'Achoura, il faut remonter à un moment de crise absolue, humainement insurmontable.
Le prophète Moïse et son peuple fuyaient la tyrannie. Ils marchèrent jusqu’à ce qu’ils atteignent les rives de la mer Rouge, dont les vagues rugissaient. Acculés, ils se retournèrent et virent les forces imposantes et lourdement armées du pharaon se rapprocher.
Aux yeux des hommes, il n’y avait aucune chance de survie. Les compagnons de Moïse s’écrièrent, pris d’un désespoir absolu : « En vérité, nous allons être rattrapés ! » C’était un moment d’impuissance totale. Un moment où la logique dictait la défaite. Mais le cœur du prophète Moïse était ancré dans une réalité plus grande que l’horizon visible. Sans une seconde d’hésitation, il prononça des mots qui brisèrent l’impossible :
« Non, certes ! Mon Seigneur est avec moi ; c’est Lui qui me guidera. » Coran 26:62
Il ne savait pas comment Allah allait les sauver. Il savait simplement, avec une certitude absolue, qu'Allah le ferait. Et, contre toutes les lois de la physique, la mer s'est ouverte, créant un chemin sec vers la liberté et la sécurité.
Les océans d'aujourd'hui : des miracles dans les zones de conflit
La séparation de la mer Rouge fut un miracle historique, mais l'essence même de ce miracle se manifeste chaque jour dans notre monde moderne.
Aujourd’hui, des millions de parents et d’enfants à Gaza, au Soudan, au Yémen et au Liban se retrouvent face à leurs propres océans terrifiants de guerre, de famine et de déplacement. Lorsqu’un père se retrouve les mains vides, incapable de trouver ne serait-ce qu’une seule miche de pain pour ses enfants affamés, ou lorsqu’une famille se réfugie sous une tente en plastique alors que le monde s’écroule autour d’elle, tous atteignent cette même limite humaine d’impuissance.
Pourtant, dans ces recoins obscurs du monde, des prières s’élèvent avec exactement la même certitude que celle de Moïse. Ils invoquent le Seigneur d’Achoura. Et comment Allah leur répond-il aujourd’hui ? Il leur répond à travers vous.
Pour une famille qui survit depuis des semaines grâce à de l’eau pure et à l’espoir, l’arrivée inattendue d’un colis alimentaire d’urgence ou d’une aide médicale par l’intermédiaire de Hands for Charity n’est pas seulement une aide : c’est pour elle comme la mer qui s’ouvre. C’est un signe tangible venu du ciel, qui leur montre que leur Seigneur a entendu leurs murmures, qu’ils ne sont pas abandonnés et que l’aide peut percer les blocus les plus hermétiques.
Redonner vie à la Sunna : jeûner avec un objectif précis
Lorsque le prophète Mohammed ﷺ arriva à Médine et vit que les Juifs jeûnaient ce jour-là en signe de gratitude pour le salut de Moïse, il dit : « Nous avons plus de droits sur Moïse que vous. » Il jeûna et ordonna aux croyants de jeûner, en leur promettant que :
« Cela expie les péchés mineurs commis au cours de l'année écoulée. » À propos de la récompense du jeûne d'Achoura
Jeûner les 9 et 10 Muharram est une belle façon de purifier nos âmes et de commencer la nouvelle année hégirienne en faisant table rase du passé. Cependant, la véritable gratitude n’est jamais passive. La meilleure façon de remercier Allah pour la sécurité, la subsistance et la paix dont nous jouissons chez nous est d’étendre cette paix à ceux qui l’ont perdue.
Si vous jeûnez à l'occasion de l'Achoura, n'oubliez pas que la faim est pour vous un choix temporaire, mais qu'elle constitue une dure réalité quotidienne pour des millions de personnes.
Votre guide pour l'Achoura
Renouvelez votre certitude (Yaqeen)
Quelle que soit la « mer » personnelle d’épreuves ou d’inquiétudes à laquelle vous êtes confronté aujourd’hui, affrontez-la avec cette conviction : « Kalla, inna ma’iya Rabbi ». Ayez confiance : Allah vous ouvrira une voie.
Fais vivre la Sunna
Prévoyez de jeûner les 9 et 10 Muharram (ou les 10 et 11) afin de mériter l'immense récompense que représente l'effacement d'une année de péchés mineurs.
Soyez la réponse à la prière de quelqu’un
Alliez votre pratique spirituelle à une action humanitaire. Multipliez vos mérites en nourrissant une famille déplacée qui jeûne ou en parrainant un orphelin qui a perdu son tuteur à cause de la guerre.
Que cet Ashura soit bien plus qu'une simple date sur le calendrier. Qu'il soit le jour où votre foi devienne une bouée de sauvetage pour les plus vulnérables.